19/03/2013

Farcir un texte : l'augmenter par l'intérieur


Le changement sans le risque

Le chant sans jeu ment un peu non ? Il me semble nécessaire lors d'un tour de chant d'opérer un changement, de se départir de notre moi quotidien, pour jouer à être un ou une autre, sans ça le spectateur ou la spectatrice se projette plus difficilement dans l'univers de l'artiste qui paradoxalement peut alors être accusé de mentir, le risque est de perdre son public.

Le chant 'pop-rock' sans jeu ment un peu non ? Il me semble nécessaire lors d'un tour de chant d'opérer un changement, de se départir de notre moi quotidien, pour jouer à être un ou une autre, je songe par exemple à Klaus Nomi qui a inventé ce personnage de Pierrot extravagant, ou encore à David Bowie, de retour sur le devant de la scène et qui n'a cessé tout au long de sa carrière de se muer en différents personnages (Aladdin Sane, Ziggy Stardust, The Thin White Duke...), sans ça le spectateur ou la spectatrice se projette plus difficilement dans l'univers de l'artiste qui paradoxalement peut alors être accusé de mentir, le risque est de perdre son public.

Le chant 'pop-rock' et 'rock' sans jeu ment un peu non ? Il me semble nécessaire lors d'un tour de chant, devant son miroir de salle-de-bain ou devant des milliers, voire des millions de personnes, d'opérer un changement, de se départir de notre moi quotidien, pour jouer à être un ou une autre, je songe par exemple à Klaus Nomi qui a inventé ce personnage de Pierrot extravagant (du latin extra vagans : errer au-delà), ou encore à David Bowie, de retour sur le devant de la scène et qui n'a cessé tout au long de sa carrière de se muer en différents personnages (Aladdin Sane, Ziggy Stardust, The Thin White Duke...), le propos de Bowie était politique dans le sens ou il invitait chacun à s'inventer voire se réinventer, sans ça, c'est à dire la possibilité d'une transcendance, le spectateur ou la spectatrice se projette plus difficilement dans l'univers de l'artiste qui paradoxalement peut alors être accusé de mentir ; on ne peut pas se contenter de ce bas-monde, la croyance en un ailleurs, plus beau, plus noble rend courageux et rend aussi parfois le monde meilleur et si le risque le moins important pour l'artiste est de perdre une partie de son public, celui qui est un peu trop sûr de son identité et refuse justement le risque, le soulagement peut-être immense pour les adolescents à l'entrée de l'âge adulte et pour les 'salary-men' ayant oublié cette si belle maxime d'Héraclite 'On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve', le changement apparaît ainsi comme un état naturel, notre vie est faite de flux et le rôle des artistes consiste à capter ces flux faisant de la vie une errance risquée mais inévitable, et je vous parle de vie, pas de mort !